13 octobre 2008
Grills et grillades
Faux !
Nous ne sommes pas toujours à la table d'un restaurant. Très souvent on s'alimente, sans crainte aucune, à notre propre cuisine. Car ma Jonquille, que ce soit dans sa cuisine ou celle du camping-car, a la spatule et la casserole réunies joyeuses et bonnes. Même très bonnes. Les grills, barbecues voire BBQ, le campeur moyen a ça dans le sang. Bon certains devraient être perfusés, carrément transfusés.
On a souvent eu le sourire, ou l'éclat de rire à voir le Français juilletiste ou aoûtien, faire sa grillade du dimanche. Ça commence, le samedi, il raquette les super-marchés pour trouver des cagettes. Tu n'voudrais pas qu'il achète du charbon de bois avec toutes ces cagettes gratuites. Mais voilà, le pouvoir calorique de ces pauvres lamettes de bouleau, comparées au charbon de bois, y a pas photo. Alors il s'époumone pour attiser son feu. Et ce n'est pas bon avec un tiers de litre de pastis dans l'estom. Ah oui, c'est sacré, le juilletiste ou aoûtien, boit l'apéro au minimum deux heures de temps avec ses collègues en marcel, cuissettes et chapeau *Pastis 51* ou autre et même sans.
Et le Français, il est assez raciste, il aime pas trop les Arabes, les Maghrébins, les Bicots, les Rebeus. Quel est le pluriel d'*un arabe au portail* ? *Des melons au porto*. Mais au camping, c'est merghez à tous les étages. Ces saloperies de merghez éclatent sur le feu et l'huile se répand sur les flammes, si bien qu'aux quatre coins du terrain, des colonnes de fumée noires font de l'œil aux pompelards. Et y boivent l'apéro, et y boivent l'apéro. Les saucisses carbonisent, les femmes braillent, les gamins ramassent des baffes à la volée, chacun accuse l'autre de n'pas avoir fait son boulot. Alors y bequ'tent la merghez en fermant les yeux et en tuttant un gorgeron de rouquin.
Pendant ce temps-là, H-IL et sa Jonquille dégustent, une volaille dorée à souhait, ou un rôti que ce soit de veau de porc ou de bœuf. Même une truite en papillote à la rigueur.
Toute l'astuce repose sur le bon grill. Oh on en a testé des grills. Charbon de bois, c'est sale après usage, et où mettre les résidus, dans la poubelle en plastic, guère recommandé. La pierre de lave, c'est pas mal mais ça prend toujours de la place. Le nec plus ultra, le grill à gaz. Toujours prêt, sauf quand la bobonne de gaz est vide, facile à nettoyer, et important très rapidement froid.
Un jour que nous étions quelques part dans le Sud-Ouest, certainement le Périgord, sur la vitrine d'un commerce, cette annonce *Foies gras frais*. Oh purée ! Notre péché mignon. On entre pour passer commande, mais la commerçante pourra l'avoir au début de l'aprême en le ramenant de son autre magasin. Quimporte, on ira manger quelque part pas trop loin. A notre touche, elle remarque d'emblée qu'on est pas du coin et nous demande comment nous allons accommoder cet organe gras de canard. Sur le grill Madame, qu'on lui répond. Elle ne dit mot mais n'en pense pas moins.
Ce qu'elle n'arrivait pas à imaginer la Dame c'est que sur le grill ci-dessus, la flamme est en haut et en posant les escalopes de foie sur la lèche-frite juste au-dessous de la source de chaleur, elles bronzeraient ce qu'il faut pour être appétissantes. Nous avions le même jour trouvé des framboises fraîches, ma Jonquille en fit un coulis qu'elle vinaigra.
Divin, et à cent lieues de la merghez brûlée.


